Le siège de l'association LA SIRENE
Le siège de l'association LA SIRENE

 Un bâtiment chargé d’histoire


La place de la Sirène est une place importante du secteur centre de la ville du Mans. Elle se situe au nord du quartier Saint-Nicolas. Sa position géographique en fait la dernière place du quartier avant de sortir de l'ancien faubourg Saint-Nicolas et de se rendre via l'ancienne porte des Ponts-Neufs, sur la place Saint-Michel. La place fut pleinement occupée et animée au XIXe siècle et au tournant du XXe siècle avant que d'autres grands axes et grandes places ne prennent la relève populaire, comme la place de la République ou la place des Jacobins. C'est d'ailleurs pour cette même raison que le quartier, et la place comprise, sont essentiellement piétonniers.


C’est sur cette place célèbre que l’étaminier Véron du Verger établira le premier grand hôtel particulier. Aujourd’hui encore, ses vestiges sont encore visibles à l’angle de la rue de la Barillerie. Cette bâtisse a la particularité de présenter un bas-relief signé Chevalier, représentant une sirène jaillissant des flots au-devant de quelques navires.

Jean Véron (1627-1689) et les étamines


On doit le développement des étamines à une famille mancelle, celle des Véron et en particulier à Jean Véron. Fils de Guillaume, maître serger au Mans, il développe vers 1650 une étamine fine et peignée (l’étaim).


Voici ce qu’en dit son petit-fils Véron du Verger, père du célèbre Véron de Forbonnais, en 1761 :


« Un fabricant imagina de faire des étamines de laine teinte, brisée au peigne en couleur de gorge de pigeon [blanc], dont le grain réussit. Ensuite, il fabriqua de ces mêmes étamines qu’on nomme aujourd’hui étamines camelotées [grain perlé], ou a menu grain, toute laine, qu’il passa au blanc à fleur de soufre pour l’usage de quelques communautés religieuses ; il en fit ensuite teindre en diverses couleurs ».


Son fils Guillaume met au point un moulin à foulon (laver, dégraisser et apprêter les étamines) qui permet d’obtenir une étamine recherchée dans toute l’Europe. Cette innovation technique lui vaudra procès en 1712 contre certaines communautés qui voient leur travail menacé.


Le succès des étamines permet à la famille Véron de connaître une certaine aisance financière. Ainsi Guillaume lors de son premier mariage en 1684 avec la fille d’un marchand de Bonnétable reçoit en dot 3 000 livres et des marchandises (son père, Jean Véron, n’avait reçu en 1652 que 60 livres de dot). Lors de son deuxième mariage en 1691, la dot est de 2 500 livres assortie d’une terre à Mézières sous Ballon.


Il obtient également plusieurs charges : trésorier-receveur du Pré, conseiller du Roi, garde scel de l’Hôtel de Ville du Mans.


L’aisance le pousse à quitter le quartier du Pré pour s’installer dans la maison de la Sirène (1726) au centre du Mans dans le quartier des affaires.


Sur cette place, y habitait Véron du Verger, père de l’économiste Véron de Forbonnais, dans une maison que lui même avait fait construire en 1726, dite la « Maison de la Sirène » parce qu’elle est ornée d’un bas relief représentant une sirène sortant des flôts, cependant que vogue au loin un navire, signe de l’expansion outre-atlantique du commerce de cette estamine si recherchée que Jean Véron avait inventé au XVIIe siècle. Cette maison reçut le premier balcon vu au Mans.